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Ashwagandha et stress : ce que la science dit vraiment en 2026

Ashwagandha et Gestion du Stress : Ce que la Science Dit (Vraiment) du Supplément Star des Réseaux Sociaux

Sur TikTok et Instagram, l'ashwagandha est présentée comme la réponse à tout : stress, cortisol, sommeil, énergie, performances sportives. Dans la littérature scientifique, le tableau est plus nuancé, et plus intéressant. Nous avons relu les méta-analyses, les essais cliniques, l'avis de l'ANSES et les cas cliniques publiés pour distinguer ce qui est établi, ce qui est plausible et ce qui relève surtout du marketing.

L'essentiel en quatre points

  • Les essais randomisés suggèrent une baisse modeste du stress perçu et une amélioration du sommeil sur 6 à 12 semaines, mais les études sont petites, plusieurs sont soutenues par les fabricants d'extraits, et le niveau de preuve est jugé faible dans les méta-analyses les plus récentes.
  • L'« émoussement émotionnel » dont parlent les réseaux sociaux n'a, à notre connaissance, jamais été mesuré dans un essai clinique : il repose surtout sur des témoignages.
  • L'ANSES déconseille l'ashwagandha dans plusieurs situations (grossesse, maladies de la thyroïde, du foie ou du cœur, traitements sédatifs…) et des atteintes hépatiques sont documentées.
  • Aucune allégation de santé n'est autorisée dans l'Union européenne pour cette plante : une promesse « anti-stress » sur une étiquette est un signal d'alerte.

Transparence : The Good Life Stuff commercialise un complément contenant de l'extrait de racine d'ashwagandha. Nous avons donc fait le choix de présenter ici autant les limites et les risques que les résultats favorables.

Pourquoi tout le monde parle de l'Ashwagandha en 2026 ?

Le phénomène viral du "ginseng indien" sur TikTok et Instagram

L'ashwagandha (Withania somnifera) est un arbuste de la famille des Solanacées, celle de la tomate et de la pomme de terre. Son surnom de « ginseng indien » est trompeur : elle n'a aucun lien botanique avec le ginseng. Son nom sanskrit évoquerait l'« odeur de cheval », une référence à l'endurance que la plante est censée procurer [1].

Pourquoi un tel engouement ? Parce qu'elle coche toutes les cases d'une tendance virale : un nom exotique, une tradition millénaire, une promesse simple (« baisser son cortisol ») et un format de contenu court qui se prête aux témoignages avant/après. Selon l'outil d'analyse de tendances Glimpse, l'intérêt de recherche pour le complément a progressé de 28 % sur un an dans ses dernières données publiées, et les discussions se concentrent surtout sur TikTok [20]. L'ANSES elle-même note un « fort engouement en Occident » pour cette racine [1].

Le problème : une vidéo virale n'est pas une preuve. Les témoignages ne distinguent ni l'extrait utilisé, ni la dose, ni l'effet placebo, ni les autres changements de mode de vie qui accompagnent souvent une « cure ».

De la médecine ayurvédique aux compléments alimentaires modernes : l'explosion du marché

La racine d'ashwagandha est utilisée depuis des siècles dans les médecines ayurvédique, Unani et Siddha, le plus souvent en association avec d'autres plantes, dans plus de deux cents formulations traditionnelles [1]. L'Organisation mondiale de la santé lui a consacré une monographie, mais l'Agence européenne des médicaments a estimé en 2013 qu'elle ne pouvait pas en rédiger une : les spécifications des extraits étaient insuffisantes et un usage médicinal d'au moins 30 ans, dont 15 dans l'UE, n'était pas démontré [1]. En Europe, l'ashwagandha reste donc un complément alimentaire, pas un médicament traditionnel à base de plantes.

Le marché a, lui, explosé. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial des compléments à base d'ashwagandha est passé d'environ 795 millions de dollars en 2025 à une projection de 1,7 milliard en 2034 [19]. L'ANSES rapporte pour sa part une hausse de 185 % des ventes en grande distribution américaine entre 1999 et 2020 [1]. Les formats se sont diversifiés : gélules, poudres, gummies et boissons à diluer. C'est le cas de notre boisson Relax & Chill, formulée autour d'un extrait de racine d'ashwagandha KSM-66 et de bisglycinate de magnésium.

Ce que dit la science : Les mécanismes d'action et les bénéfices prouvés

Le mot « prouvés » mérite d'être manié avec prudence. La plupart des essais portent sur quelques dizaines à 150 personnes, durent 6 à 12 semaines, utilisent des extraits différents et ont été réalisés en grande partie en Inde. Une revue systématique citée par les National Institutes of Health américains ne comptait ainsi que 491 adultes, tous indiens [13]. Gardons ce contexte en tête pour lire les résultats.

Régulation de l'axe HPA et réduction du cortisol : le bouclier anti-stress

L'axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) est la chaîne hormonale qui commande la réponse au stress : l'hypothalamus et l'hypophyse stimulent les glandes surrénales, qui libèrent du cortisol. L'hypothèse dominante est que l'ashwagandha module cet axe, d'où l'idée d'un « bouclier » contre le stress. Les auteurs d'un essai australo-indien de 2019 la formulent explicitement comme une explication possible de leurs résultats [6]. Des effets sur la sérotonine et sur la signalisation GABAergique sont aussi évoqués, mais surtout à partir de modèles précliniques ; l'ANSES parle de « potentiels effets GABAergiques » [1, 21].

Que montrent les essais chez l'humain ?

  • Chandrasekhar et al. (2012) : 64 adultes avec un stress chronique, 60 jours, 300 mg deux fois par jour d'un extrait de racine concentré. Baisse significative des scores de stress et du cortisol sérique par rapport au placebo ; effets indésirables légers et comparables entre les groupes [5].
  • Lopresti et al. (2019) : 60 adultes stressés, 240 mg par jour pendant 60 jours. Réduction du score d'anxiété de Hamilton (p = 0,040) et du cortisol matinal (p < 0,001) ; le score DASS-21 n'atteignait pas la significativité (p = 0,096) [6].
  • Salve et al. (2019) : 58 participants ayant terminé l'étude, 8 semaines, 250 ou 600 mg par jour. Baisse du stress perçu et du cortisol, avec une amélioration du sommeil [7].

Les méta-analyses confirment un signal, avec des réserves. Celle de Vijayakumar et al. (2024) regroupe 9 essais et 558 participants : le score de stress perçu (PSS) baisse de 4,7 points en moyenne, le score d'anxiété de Hamilton de 2,2 points et le cortisol sérique de 2,6 unités par rapport au placebo, avec des intervalles de confiance larges et, pour le cortisol, à peine au-dessus du seuil de significativité [2]. Celle d'Akhgarjand et al. (2022), sur 12 essais et 1 002 participants, trouve des effets importants sur l'anxiété et le stress, mais avec une hétérogénéité très élevée (I² de 94 % et 83 %) et une certitude des preuves jugée faible ; l'effet sur le stress apparaît pour des doses de 300 à 600 mg par jour [3].

Un essai récent invite d'ailleurs à ne pas réduire l'histoire au cortisol. Dans l'étude de Mahadevan et al. (2025), 90 adultes ont pris 125 mg d'un extrait ou un placebo pendant 84 jours : les scores de stress perçu, d'anxiété et de qualité du sommeil se sont améliorés, mais sans différence significative entre les groupes pour le cortisol sérique ni pour l'alpha-amylase salivaire. Certains auteurs sont par ailleurs affiliés au fabricant de l'extrait testé [8].

Ce qu'il faut en retenir : chez des adultes qui se déclarent stressés, l'ashwagandha semble associée à une baisse modeste du stress ressenti. Ce n'est pas un traitement des troubles anxieux, et le cortisol n'est pas un marqueur fiable à lui seul.

Impact sur le sommeil et l'anxiété : analyse des méta-analyses cliniques

La méta-analyse de référence sur le sommeil, celle de Cheah et al. (2021), regroupe 5 essais et 400 participants. Elle conclut à un effet petit à modéré sur le sommeil global (différence moyenne standardisée de −0,59 ; IC à 95 % de −0,75 à −0,42), plus marqué chez les adultes présentant une insomnie diagnostiquée, avec des doses d'au moins 600 mg par jour et des durées d'au moins 8 semaines. L'anxiété et la vigilance au réveil étaient également améliorées. Aucun effet indésirable grave n'a été rapporté, mais les auteurs soulignent le manque de données de sécurité à long terme [4].

Deux nuances importantes. D'abord, ces conclusions reposent sur peu d'essais, de petite taille. Ensuite, l'ANSES a relevé de la somnolence dans plusieurs essais cliniques et dans les cas de nutrivigilance, au point de déconseiller l'ashwagandha avant de conduire ou d'utiliser des machines [1]. Une partie de l'effet « sommeil » pourrait donc relever d'un effet sédatif, ce qui n'est pas la même chose qu'un sommeil de meilleure qualité sans effet résiduel dans la journée.

Force musculaire et récupération : les effets secondaires bénéfiques chez les sportifs

C'est l'autre grande promesse virale. La méta-analyse bayésienne de Bonilla et al. (2021) (13 essais, dont 12 analysés quantitativement) concluait que l'ashwagandha faisait mieux que le placebo sur la force et la puissance, la capacité cardiorespiratoire et la fatigue/récupération chez des personnes en bonne santé, tout en appelant à davantage d'essais chez des sportifs entraînés [9].

Une méta-analyse plus récente et plus exigeante est plus mesurée. Lee et Heo (août 2026) ont isolé les essais associant l'ashwagandha à un entraînement structuré en musculation : seuls 4 essais étaient éligibles, 3 (161 participants) exploitables. L'ashwagandha était associée à de meilleurs gains au développé couché (différence standardisée de 0,60) et à la force des jambes (0,52), ainsi qu'au tour de poitrine (0,86), mais pas à la masse grasse. Après un ajustement statistique plus conservateur, les estimations de force perdaient leur significativité, chacune dépendant d'un seul essai ; la certitude des preuves est qualifiée de faible à très faible. Les auteurs concluent que les données actuelles n'établissent pas que l'ashwagandha améliore de façon significative les adaptations à l'entraînement [10].

Le mécanisme proposé est indirect : moins de stress et un meilleur sommeil pourraient améliorer la tolérance à l'entraînement et la récupération perçue [10]. Deux précautions pour les sportifs : les effets sur les hormones sexuelles observés dans certains essais sont l'une des raisons pour lesquelles l'ANSES déconseille la plante en cas d'hyperandrogénie [1], et, comme pour tout complément, il vaut mieux privilégier des produits contrôlés par un laboratoire indépendant lorsqu'on est soumis aux contrôles antidopage.

Le revers de la médaille : L'effet "émoussement émotionnel" et la réalité clinique

Le mythe et la réalité du détachement émotionnel (blunt emotional effect)

Sur les forums, de nombreux utilisateurs décrivent un état « plat », « sans émotions », voire une indifférence inhabituelle sous ashwagandha. Que sait-on vraiment ?

L'émoussement émotionnel désigne une diminution de la réactivité aux émotions, aussi bien positives que négatives. Il est surtout décrit dans le contexte de la dépression et des antidépresseurs, où il n'existe d'ailleurs ni définition clinique consensuelle ni outil de mesure standard [14]. Pour l'ashwagandha, la situation est plus floue encore : dans les méta-analyses et les essais examinés pour cet article, il n'a pas été mesuré comme critère de jugement, et il ne figure pas parmi les effets documentés de l'avis de l'ANSES. Ce dernier retient surtout des troubles digestifs, de la somnolence et des manifestations cutanées dans les signalements français [1]. Dans les bases de pharmacovigilance internationales citées par l'ANSES, les troubles psychiatriques rapportés sont surtout de l'anxiété ou des attaques de panique, ce qui va plutôt dans le sens inverse de l'engourdissement ; dans les données canadiennes et américaines, la plante était en outre toujours associée à d'autres ingrédients ou à des médicaments [1].

Il s'agit donc d'un signal anecdotique, ni démontré ni exclu. Plusieurs explications plausibles, qui restent des hypothèses, peuvent coexister :

  • un effet sédatif, bien documenté, qui peut être vécu comme une « mise en veille » ;
  • une interaction avec des médicaments agissant sur le système nerveux central, un cas de figure pour lequel l'ANSES recommande l'abstention [1] ;
  • une humeur dépressive ou une fatigue préexistante, que l'on attribue à tort à la prise du complément.

Que faire ? Si vous vous sentez durablement « éteint » ou indifférent, arrêtez la prise et parlez-en à un médecin, surtout si vous prenez déjà un traitement psychotrope ou si le malaise persiste après l'arrêt.

Que se passe-t-il en cas de consommation prolongée au-delà de 3 mois ?

La réponse honnête : on ne le sait pas bien. La plupart des essais cliniques ne dépassent pas 8 à 12 semaines [1, 2, 4], et les auteurs des méta-analyses soulignent le manque de données de sécurité à long terme [2, 4]. L'ANSES ajoute qu'il est impossible, avec les données actuelles, de définir un niveau de consommation sans risque [1]. Il n'existe pas non plus de recommandation officielle sur la durée d'une cure.

Quelques points à garder en tête :

  • Dans la série de Björnsson, les atteintes hépatiques sont apparues entre 2 et 12 semaines après le début de la prise [11], et l'ANSES cite des cas survenus après quelques jours à environ deux mois [1] : le risque ne se limite donc pas aux usages prolongés.
  • Les effets rapportés sur les hormones thyroïdiennes et sexuelles amènent l'ANSES à demander une surveillance renforcée des signaux hépatiques, thyroïdiens et cardiaques [1].
  • Les « cycles » (cinq jours sur sept, trois mois puis une pause…) très populaires en ligne n'ont, à notre connaissance, pas été validés par des essais.

En pratique, mieux vaut considérer l'ashwagandha comme une cure limitée dans le temps, à la façon des protocoles d'essai (8 à 12 semaines), et en discuter avec un médecin avant de la prolonger ou de la renouveler.

Sécurité et contre-indications : Ce qu'il faut absolument vérifier avant sa cure

Les mises en garde de l'ANSES et les restrictions européennes

L'avis de l'ANSES. Saisie par la DGCCRF en avril 2021, l'ANSES a rendu son avis le 19 avril 2024 (saisine 2021-SA-0077) [1]. Il s'appuie sur 8 signalements de nutrivigilance recensés entre 2009 et septembre 2023, dont 6 ont pu être analysés (surtout des troubles digestifs, de la somnolence et des éruptions cutanées, avec une hépatite aiguë dans un cas ; aucun décès), ainsi que sur la littérature et les évaluations allemande, danoise et néerlandaise [1].

Ses recommandations sont claires. L'ANSES recommande de s'abstenir de compléments contenant de l'ashwagandha en cas de pathologie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque, d'hyperandrogénie, de grossesse ou de traitement sédatif ou dépresseur du système nerveux central. Par précaution, elle déconseille aussi la prise chez les femmes allaitantes et les moins de 18 ans, ainsi qu'avant de conduire ou d'utiliser des machines [1]. Elle recommande enfin de signaler toute prise de complément à son médecin.

Une plante pas interdite en France. L'ashwagandha n'est pas interdite : elle figure sur la liste des plantes pouvant entrer dans les compléments alimentaires, sous surveillance de la DGCCRF [1].

En Europe, un paysage fragmenté et mouvant :

  • Danemark : la vente d'ashwagandha comme denrée alimentaire, compléments compris, y est illégale depuis 2023, à la suite d'une évaluation de l'université technique du Danemark [15].
  • Allemagne : pas d'interdiction, mais des évaluations et des mises en garde de l'institut BfR, notamment pour les personnes atteintes de maladies du foie [17].
  • Pays-Bas : le RIVM a déconseillé l'ashwagandha à l'ensemble de la population en 2024 [1] ; un projet de réglementation rendu public en octobre 2026 interdirait les feuilles mais autoriserait la racine assortie d'une mise en garde [16].
  • Pologne : maximum de 3 g de racine en poudre par jour et de 10 mg de withanolides, avec avertissements obligatoires [1].
  • Union européenne : à notre connaissance, aucune interdiction à l'échelle européenne n'est en vigueur [22]. En 2024, toutefois, un groupe de travail réunissant les chefs des agences nationales de sécurité des aliments a recommandé à la Commission d'engager une procédure dite « article 8 » (règlement CE 1925/2006), qui pourrait déboucher sur une restriction, voire une interdiction, dans les compléments alimentaires [18].

Pas d'allégation autorisée. Les demandes d'allégations pour l'ashwagandha (stress, santé mentale, sommeil…) font partie des dossiers mis en attente à l'échelle européenne et aucune n'a été validée [1]. Aucun complément ne peut donc légalement affirmer qu'il « réduit le stress » grâce à l'ashwagandha. Des allégations autorisées existent en revanche pour certains nutriments (magnésium, vitamine D…), dans les conditions du règlement (UE) n° 432/2012.

Risques hépatiques et interactions médicamenteuses : les profils à exclure

Le foie. Le signal est le mieux documenté. Dans la série de Björnsson et al. (2020), cinq personnes (Islande et États-Unis) ont développé une atteinte hépatique cholestatique ou mixte, avec jaunisse et démangeaisons, 2 à 12 semaines après le début de la prise ; les tests hépatiques se sont normalisés en 1 à 5 mois chez quatre d'entre elles, sans insuffisance hépatique [11]. Une série indienne (Philips et al., 2023) a décrit 23 cas de lésions hépatiques liées à l'ashwagandha, dont 8 avec un produit à ingrédient unique : trois patients atteints d'une maladie hépatique chronique ont évolué vers une insuffisance hépatique aiguë et sont décédés, ce qui souligne le risque particulier chez les personnes dont le foie est déjà fragilisé [12]. L'ANSES cite aussi un cas de transplantation hépatique dans la littérature [1].

Thyroïde, hormones, cœur. Des cas de thyrotoxicose, des variations des hormones thyroïdiennes et sexuelles et quelques cas d'arythmie ont été rapportés ; le lien de causalité n'est pas toujours établi, mais ces signaux sont à l'origine des précautions de l'ANSES [1].

Médicaments. Des interactions sont évoquées avec les médicaments sédatifs, somnifères, anxiolytiques et antiépileptiques (renforcement ou modification de leurs effets), avec les traitements thyroïdiens et avec les antidiabétiques [1].

Situation Pourquoi Conduite à tenir
Grossesse, allaitement Manque de données ; usage traditionnel abortif S'abstenir
Moins de 18 ans Absence de données S'abstenir
Maladie ou traitement thyroïdien Cas de thyrotoxicose, interactions S'abstenir ou avis médical préalable
Maladie du foie, antécédent d'atteinte hépatique Cas d'hépatites, parfois sévères S'abstenir
Maladie cardiaque Signalements de troubles du rythme S'abstenir ou avis médical préalable
Hyperandrogénie Effets sur les hormones sexuelles S'abstenir
Sédatifs, somnifères, anxiolytiques, antiépileptiques Somnolence, interactions S'abstenir ou avis médical préalable
Conduite, machines Somnolence Ne pas prendre juste avant

Signes d'alerte : arrêtez et consultez en cas de jaunisse (peau ou yeux jaunes), de démangeaisons intenses, d'urines foncées, de nausées ou vomissements persistants, de douleurs abdominales, de fatigue inhabituelle, de palpitations ou de tremblements. Signalez l'effet à votre médecin ou pharmacien, qui pourra le déclarer à l'ANSES.

Comment choisir un extrait standardisé en withanolides de qualité

Les résultats des essais s'appliquent à un extrait précis, pas à « l'ashwagandha » en général. Quelques critères pour s'y retrouver :

  1. Racine uniquement. Les feuilles sont plus riches en alcaloïdes, et l'ANSES rapporte une étude où 8 produits sur 10 vendus comme « extrait de racine » étaient adultérés par des parties aériennes [1].
  2. Les milligrammes de withanolides par dose journalière, pas seulement les milligrammes d'extrait. Les titrages varient du simple au tout : 1,5 % de withanolides totaux pour l'extrait d'un essai récent [8], 5 % pour l'extrait de racine KSM-66 selon son fabricant, jusqu'à 35 % de glucowithanolides pour un autre extrait (de racines et de feuilles) utilisé dans un essai [1]. Un repère : le plafond polonais de 10 mg de withanolides par jour correspond à environ 200 mg d'un extrait titré à 5 % [1].
  3. Une méthode d'extraction et de dosage indiquée (par exemple extraction à l'eau et dosage par chromatographie). Aucune monographie légalement opposable n'encadre aujourd'hui les compléments en France : l'ANSES juge une standardisation souhaitable [1].
  4. Un extrait étudié cliniquement, avec des essais dont on connaît le financement et la durée. Les essais industriels ne sont pas sans valeur, mais ils ne remplacent pas des études indépendantes.
  5. Des analyses par un laboratoire indépendant : identité botanique, métaux lourds, moisissures (fréquentes sur certaines racines brutes [1]), avec un certificat d'analyse par lot.
  6. Une étiquette claire, avec les mises en garde (grossesse, allaitement, moins de 18 ans, thyroïde, foie, médicaments) et sans promesse thérapeutique. Vérifiez enfin que l'ashwagandha n'est pas déjà présente dans un autre complément que vous prenez : l'ANSES recommande d'éviter de cumuler plusieurs compléments [1].

Vous pouvez appliquer cette grille à n'importe quel produit, y compris le nôtre : retrouvez la composition et les précautions d'emploi de Relax & Chill, formulé avec l'extrait de racine KSM-66.

En conclusion : Faut-il céder à la tendance adaptogène ?

Le bilan est celui d'un complément qui n'est ni un miracle ni une arnaque. Chez des adultes en bonne santé qui se disent stressés, les essais montrent un signal favorable mais modeste sur le stress perçu et le sommeil, avec un niveau de preuve limité par la taille, la durée et le financement des études. Les effets sur la force musculaire sont encore plus fragiles. À l'inverse, la sécurité n'est pas anodine : l'ANSES invite à la prudence pour plusieurs profils, des atteintes hépatiques parfois graves ont été rapportées, et nous manquons de données sur les prises prolongées.

Avant de vous lancer, quelques réflexes simples :

  • vérifiez que vous n'entrez dans aucun des profils à exclure, et parlez-en à votre médecin ou pharmacien si vous prenez un traitement ;
  • choisissez un extrait de racine standardisé, dont la teneur en withanolides par dose est indiquée ;
  • limitez-vous à une cure de durée définie, et arrêtez au moindre signal d'alerte ;
  • gardez en tête que le sommeil, l'activité physique et la gestion du stress au quotidien restent les premiers leviers, aucun complément ne les remplace.

Si, une fois ce tri fait, vous souhaitez découvrir une formule à base d'ashwagandha KSM-66 et de bisglycinate de magnésium, vous la trouverez sur la fiche Relax & Chill d'Amazon.fr.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Un complément alimentaire ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des jeunes enfants.

Références

Les références 2 à 12 et 14 sont des publications indexées sur PubMed (liens DOI).

  1. ANSES, Avis relatif aux risques liés à l'utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires, saisine n° 2021-SA-0077, 19 avril 2024. anses.fr
  2. Vijayakumar V. et al. Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) on stress and anxiety: a systematic review and meta-analysis. Explore, 2024. doi:10.1016/j.explore.2024.103062
  3. Akhgarjand C. et al. Does Ashwagandha supplementation have a beneficial effect on the management of anxiety and stress? A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Phytotherapy Research, 2022. doi:10.1002/ptr.7598
  4. Cheah K.L. et al. Effect of Ashwagandha (Withania somnifera) extract on sleep: a systematic review and meta-analysis. PLoS One, 2021. doi:10.1371/journal.pone.0257843
  5. Chandrasekhar K. et al. A prospective, randomized double-blind, placebo-controlled study of safety and efficacy of a high-concentration full-spectrum extract of ashwagandha root in reducing stress and anxiety in adults. Indian J Psychol Med, 2012. doi:10.4103/0253-7176.106022
  6. Lopresti A.L. et al. An investigation into the stress-relieving and pharmacological actions of an ashwagandha (Withania somnifera) extract. Medicine (Baltimore), 2019. doi:10.1097/MD.0000000000017186
  7. Salve J. et al. Adaptogenic and anxiolytic effects of ashwagandha root extract in healthy adults. Cureus, 2019. doi:10.7759/cureus.6466
  8. Mahadevan M. et al. A new ashwagandha formulation (Zenroot™) alleviates stress and anxiety symptoms while improving mood and sleep quality. Adv Ther, 2025. doi:10.1007/s12325-025-03327-z
  9. Bonilla D.A. et al. Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) on physical performance: systematic review and Bayesian meta-analysis. J Funct Morphol Kinesiol, 2021. doi:10.3390/jfmk6010020
  10. Lee J.-C., Heo A.-S. Adjunctive ashwagandha supplementation and resistance-training adaptations in healthy adults: a systematic review and random-effects meta-analysis. Nutrients, 2026. doi:10.3390/nu18172815
  11. Björnsson H.K. et al. Ashwagandha-induced liver injury: a case series from Iceland and the US Drug-Induced Liver Injury Network. Liver Int, 2020. doi:10.1111/liv.14393
  12. Philips C.A. et al. Ashwagandha-induced liver injury: a case series from India and literature review. Hepatol Commun, 2023. doi:10.1097/HC9.0000000000000270
  13. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements, Ashwagandha: fact sheet for health professionals. ods.od.nih.gov
  14. Emotional blunting in patients with major depressive disorder: a brief non-systematic review of current research. Front Psychiatry, 2021. doi:10.3389/fpsyt.2021.792960
  15. Fødevarestyrelsen (Danemark), Ashwagandha i kosttilskud og drikkevarer. foedevarestyrelsen.dk
  16. NutraIngredients, Proposed Dutch supplement rule changes could force product reformulation, 6 octobre 2026. nutraingredients.com
  17. BfR (Allemagne), Ashwagandha: food supplements with potential health risks, communication 039/2024. bfr.bund.de
  18. Brendler T. et al. Ashwagandha: is it safe? Part 1: a regulatory review. Phytotherapy Research, 2025. doi:10.1002/ptr.70151
  19. Fortune Business Insights, Ashwagandha supplements market. fortunebusinessinsights.com
  20. Glimpse, Ashwagandha supplement trend. meetglimpse.com
  21. MSD Manuals, Ashwagandha. msdmanuals.com
  22. Nutraceuticals World, Ashwagandha safety questioned in Europe and India, mai 2026. nutraceuticalsworld.com
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